Sabrina Montiel-Soto, Cartographie d’un soupir : le revers comme territoire

Exposition du 6 septembre au 4 octobre 2026

Dans un monde traversé par des fractures et des polarisations, l’exposition propose de considérer le revers non comme un secret à dévoiler, mais comme un espace de relation et de transformation. Elle invite à habiter ce seuil où les récits peuvent être relus, réparés et réinventés, faisant du revers un territoire de coexistence autant que de possibles.

Née au Venezuela en 1969, Sabrina Montiel-Soto est une artiste multidisciplinaire installée à Bruxelles depuis 2012. Formée au cinéma, elle développe une pratique qui associe photographie, vidéo, installation, sculpture et son. Son travail explore les liens entre mémoire, territoire, histoire et perception à travers des dispositifs où l’image, l’objet et l’espace deviennent les supports d’une expérience sensible.

Sa démarche s’apparente à celle d’une chercheuse ou d’une arpenteuse. Elle collecte des traces, explore des archives, observe des paysages et rassemble des objets glanés au fil de ses voyages et de ses enquêtes. À partir de ces fragments, elle compose des ensembles où se croisent différentes temporalités, cultures et géographies. Ses œuvres mettent en relation des savoirs, des formes et des récits qui, bien qu’éloignés dans le temps ou dans l’espace, révèlent des résonances inattendues. Le montage, l’association d’images et le déplacement des contextes deviennent ainsi les moteurs d’une pensée visuelle qui interroge notre manière d’habiter le monde.

Attentive aux détails autant qu’aux grands paysages, Sabrina Montiel-Soto transforme un objet trouvé, une photographie d’archive, une pierre, une plante ou un vestige archéologique en autant de points de départ d’une réflexion sur les circulations entre les êtres, les territoires et les imaginaires. Sans jamais figer les identités, son travail révèle la porosité des frontières et la manière dont les histoires se construisent par échanges, déplacements et réinterprétations. Cette approche trouve une expression emblématique dans son livre Tierra infinita, conçu comme un « film en papier », où des images issues de son œuvre, de ses voyages et de ses recherches dialoguent selon des échos visuels et sensibles.

Dans Cartographie d’un soupir à la galerie LRS52, sa recherche se déplace vers ce qui demeure habituellement invisible. À partir de tableaux récupérés et réactivés, Sabrina Montiel-Soto invite le regard à quitter la surface de l’image pour explorer son envers, espace discret où s’accumulent les traces du temps, les gestes de restauration et les mémoires silencieuses. Reliés par un réseau de lignes bleu turquoise, les revers des toiles composent une cartographie suspendue, évoquant autant un territoire que la mer, où se dessinent de nouvelles circulations entre le visible et l’invisible.

Cet ensemble est prolongé par des sculptures et des objets qui donnent corps à ce qui reste habituellement hors champ : fragments, structures et matières deviennent les témoins d’une histoire souterraine de l’image. Dans un monde traversé par les fractures et les polarisations, l’exposition propose de considérer le revers non comme un secret à dévoiler, mais comme un espace de relation et de transformation. Elle invite à habiter ce seuil où les récits peuvent être relus, réparés et réinventés, faisant du revers un territoire de coexistence autant que de possibles.

https://www.sabrinamontielsoto.net/cartografia-de-un-suspiro/